Atelier l'Air de Rien

Exposition à la galerie Edouard Roch, Ballens

 

Installation " à l'écart"

détail de l'installation "à l'écart"

2010 – 2011 Fragments d’intime

Bercée par l’univers d’Anaïs Nin, je puise mes images dans les photographies du nu 1900 pour créer des catelles érotiques. Intérieurs revisités, mises en scènes personnelles de ces femmes mises à nu mais toujours empreintes de pudeur. Le mystère subsiste de sorte à laisser place au rêve et au fantasme. La catelle, support certes à ces fragments d’intime, évoque aussi le cabinet de toilette ou encore la cuisine et devient ainsi témoin de scènes quotidiennes.

La foisonnante nature, dans son dernier tressaillement d’élégance automnale, invite les visiteurs à s’introduire dans une petit cabinet et à découvrir de jolies fleurs intemporelles en papier glacé. La décadence des rameaux ambrés en métamorphose laisse place à l’exubérance feutrée du cabaret.

De belles dames, qui dévoilaient leurs charmes il y a plus d’un siècle, reprennent leur pose gracieuse dans le boudoir capitonné de Barbara Biaggio. L’artiste se transforme en architecte d’intérieur et offre à chacune de ces exquises créatures un écrin à la mesure de leur envoutement. Ces beautés miniatures, fragiles, se prélassent sur des fragments de céramique, des morceaux de porcelaine ou des tuiles d’ardoise abandonnées.

Epinglées au mur, ces dernières se donnent, à s’y méprendre, des airs de pin-up, n’hésitant pas à s’approprier l’espièglerie affriolante et la naïve provocation de leurs héritières d’après-guerre. La mollesse des corps se confronte à la rigidité du support, les courbes se fondent dans les lignes d’une perspective enivrante insoluble…

Les apparence, qui donnent à penser que seules de timides nymphes sont autorisées à séjourner dans ce nid, sont plus que jamais trompeuses. Le galop du naturel, qui refuse décidément d’être congédié sans ménagement, ne tarde pas à retentir. Après tout, nous souviendrions-nous de l’innocente Suzanne si ses ablutions n’avaient pas été épiées?

Aussi vrai que le yang cherche inlassablement son ying depuis la nuit des temps, la gent masculine ne s’est pas faite longuement prier avant de se glisser dans cet univers d’amazones pacifistes. Une complémentarité heureuse qui se retrouve également dans l’acte créatif. L’époux de l’artiste s’est volontiers fait charpentier de la petite garçonnière qui abrite les merveilles de sa femme. Le plaisir de découvrir l’opportune pointe de virilité et d’impertinence ne sera pas dérobé au  visiteur.

Cette petite boîte à bijoux pleine de douceurs et de sensualité est à déguster comme les friandises d’une bonbonnière.

2001 – Rythmes sur métal: questions– réponses

Rythmes sur métal: questions– réponses
2001 – Barbara Biaggio

D’un côté, le geste rapide en quête de rythme, pinceau sur papier, invite la trace jetée, dansée qui se profile sur le papier plissé et modèle un mouvement.
De l’autre, en face, la réponse à l’éphémère s’inscrit dans le métal, faite de rouille. La trace dénonce le temps, bien qu’elle soit toujours en mouvance, le processus pouvant s’acheminer encore.

2001 – Rendre l’âme à qui de droit

Rendre l’âme à qui de droit
2001 – Barbara Biaggio

Série sur toile initiée en 2000, technique mixte.

Le blanc suggère une évocation de l’âme, de ce qui peut être essentiel. Tout le travail est axé sur cette quête d’épuration. En partant de collages et de matières sur la toile, j’ai cherché à enlever l’inutile. Mais qu’est-ce qui est réellement essentiel ? Qu’est-ce qui m’est indispensable pour pouvoir dire, communiquer, donner à voir ? Ces questions permanentes ont sillonné ce travail échelonné sur un peu plus de trois ans. L’impression est celle d’être dans le processus inverse de l’habituel, soit celui de choisir ce que je montre, en mettant en évidence et en cachant aussi. Cette fois, la démarche est celle de m’interroger différemment, en me préoccupant de ce qui est nécessaire. Ainsi le mouvement a été aussi de celui de recouvrir, de maintenir un élément et parfois de découvrir à nouveau.

L’âme, comme souffle primordial à l’existence, la rendre à qui de droit, c’est avant tout ma propre quête d’une essence vitale, une manière de questionner le sens profond de mes choix et les raisons qui les sous-tendent. En quelque sorte, cette démarche tend à épurer, pour mieux habiter l’espace, que ce soit celui de la toile, comme tout autre espace intérieur ou extérieur appartenant à tout un chacun.

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